samedi 2 février 2008

Une des caractéristiques de mon métier est la répétition.
Les redites nécessaires.
"Que ça s'imprime", "que ça rentre". Que ça soit comme dans morceau de cire (l'image flottant toujours à l'arrière-plan des restes de l'éducation scolastique que tous les professeurs ont connue).
Retour aux Méditations métaphysiques donc. Méd-met.
Descartes dit que la nature d'un morceau de cire est le résultat non d'une perception, ni d'une imagination mais d'une "inspection de l'esprit". Je m'imagine à mon tour morceau de cire : comme lui, je varie en extension et si l'on me frappe, je rendrai aussi un bruit différent, et si l'on me brûle, il en sera autrement encore. Je crois me connaître comme morceau de cire mais ma perception, mon imagination me montrent qu'il est ici une infinité de formes possibles à ce que je suis. Qu'est-ce alors qu'une "inspection de l'esprit" d'un corps qui va sans cesse changeant ? De quelle cire sommes-nous faits nous-mêmes pour pouvoir affirmer ici la constance d'une opération mentale ?
Ai-je encore l'odeur du miel, le goût des fleurs parmi lesquelles je m'ébattais ?
Quelqu'un pourrait porter son regard sur moi comme je le porte sur la cire et cette opération de l'esprit dès lors ne me concernerait plus. Subsiste alors une dernière question.

A quoi rêve la cire ?

Aucun commentaire: